COACHING DE VIE ET ORIENTATION SCOLAIRE ET PROFESSIONNELLE

15/11/2016

De nombreux parents, soucieux de la réussite scolaire de leurs enfants, font appel à un coach de vie. Quel est son rôle ? En quoi le coaching de vie peut contribuer à la réussite scolaire de l’enfant ?

 

Les principales études menées ces dernières années montrent un processus qui se décline en 5 étapes. En premier lieu, il s’agit pour l’enfant ou l’étudiant d’organiser et d’optimiser ses moyens d’apprentissage. Bien apprendre cela s’apprend ! Première étape : créer les conditions pour que l’apprentissage puisse se dérouler au mieux (espace, lieu et conditions matérielles d’apprentissage), pour que le sujet se centre, se concentre, soit attentif à ce qu’il lit, entend et comprend. Se mettre en condition d’apprentissage c’est aussi organiser son travail, le planifier, poser les priorités. Cela lui sera aussi très utile plus tard dans sa vie professionnelle. Il évoluera ainsi dans sa façon d’aborder une leçon, de mémoriser son contenu en fonction de ses ressources personnelles (mémorisation visuelle, auditive, logique, etc.).Il apprendra ainsi à se gérer, à être autonome dans la mise en place d’outils d’acquisition de savoirs et leur archivage.

 

La réussite scolaire passe-t-elle uniquement par un savoir-faire organisationnel ?

 

Le facteur principal de la réussite scolaire est la motivation. Être motivé pour un enfant, un adolescent, c’est vivre de la joie, de l’excitation dans son apprentissage. Plus tard, il parlera de sens ! Qu’il trouve un fil conducteur entre les matières enseignées et ses aspirations profondes et le plaisir est au rendez-vous. Faire quelque chose qui lui plait est assurément motivant pour l’enfant.
Le coaching de vie accompagne le sujet de façon à ce qu’il puisse mobiliser sa curiosité, son ingéniosité. Qu’il trouve - ou retrouve - le goût d’apprendre. Mais pour cela il faut parfois s’éloigner de la pratique scolaire... Les enjeux affectifs ne sont pas à sous-estimer dans l’apprentissage.

 

La réussite scolaire peut-elle être une affaire émotionnelle ?

 

Nous savons aujourd’hui que le couple émotion/cognition occupe une place importante. Apprendre c’est s’ouvrir à l’inconnu. Et l’inconnu, si l’enfant se referme, se pose sur la défensive, peut devenir violent et destructeur de son propre parcours. L’échec scolaire est alors l’aboutissement d’une stratégie liée au manque de confiance, d’estime de soi et du goût à explorer. Un apprentissage confronte à la fois le plaisir d’innover, d’entreprendre, de découvrir, de résoudre une difficulté mais aussi à la perte de sécurité. Apprendre engendre des émotions diverses. Le jeune sujet est-il prêt à les vivre ?

 

Que voulez-vous dire par « perte de sécurité » ?

 

Apprendre c’est se mettre en situation d’abandonner des positions pour en occuper d’autres. C’est accéder à autre chose, renoncer à ce qui pouvait être vécu comme une certitude quelques instants auparavant. Vivre de nouvelles représentations, passer à un domaine plus vaste, plus complexe, à s’éloigner du binôme vrai/faux, relèvent d’une capacité à plus de flexibilité mentale. Le neuroscientifique allemand Holger Stark a démontré que le cerveau produit une substance associée au plaisir, la dopamine. Lorsque l’enfant parvient à solutionner, dépasser, à vaincre une difficulté mais surtout lorsqu’il trouve une réponse, il éprouve du plaisir, de la joie, du contentement. Lorsqu’un enfant utilise conjointement l’émotion le goût d’exploration et le plaisir, il met en place un tiercé gagnant. Il a aussi la ressource, le bonheur de se prendre en charge. Je dirai même qu’il le fait alors naturellement. Qu’un enfant prenne les commandes de son propre apprentissage est évidemment un virage crucial dans sa réussite - ou plutôt son épanouissement scolaire - ce trio gagnant - émotion, goût de l’exploration et plaisir favorise la capacité à se projeter, à se représenter les choses, à les porter dans le futur. Le jeune sujet dispose alors d’une prise sur le temps et mobilise alors un élément non négligeable : la persévérance.
S’éloigner du sujet souvent clivant de la réussite ou de l’échec scolaire est indispensable. Prendre de la distance, avec ce qui fige, contracte et met l’enfant en difficulté avec lui-même, est primordial.
Souvent d’ailleurs, l’objectif travaillé et posé par l’enfant est à quelques encablures du sujet clivant. Elaborer un objectif qui soit au-delà du sujet crispant est essentiel.

 

« L’HUMAIN EST STRUCTURÉ POUR S’ADAPTER ET APPRENDRE »

 

Evoquer ce qui relève du présent, inviter des perceptions sensorielles nouvelles, se projeter dans un univers quelque fois imaginaire c’est investir un autre espace psychique. C’est un espace où il est autorisé d’accueillir d’autres ressources, moyens et capacités que celles qu’il a mobilisé jusqu’à présent. C’est un espace où tous les sens sont conviés (l’auditif, le tactile, l’olfactif, le goût, la vue ). Cet espace devient une zone de stimulation, un temps de mobilisation, de découverte de sensations nouvelles. C’est un espace où tout semble possible.
L’enfant devient alors acteur et producteur. Il est en mesure de repérer une ressource nouvelle sur laquelle il pourra s’appuyer, une image rassurante, un ressenti, un vécu sensoriel qui lui murmure « oui c’est possible ! ». Il se rend compte alors qu’il peut abandonner une façon d’être et de faire sans se mettre en danger. Il réalise qu’il est pertinent de passer d’un effort à un autre, et que la joie et le plaisir d’apprendre sont au rendez-vous.
L’enfant en apprenant à changer de rythme et de représentation se dote à vie de moyens solides d’apprentissage...il s’aperçoit et vit le fait de se séparer, de quitter des représentations anciennes n’est pas si dangereux que cela ! Ceci dit, ce temps de vulnérabilité doit être accompagné…

 

« L’ACCOMPAGNEMENT COACHING DE VIE ENCOURAGE UNE BIENTRAITANCE ÉDUCATIVE À S’EXPRIMER »

 

La présence bienveillante du coach de vie est alors cruciale. Il soutient la dimension émotionnelle de l’enfant dans le sens où l’erreur est aussi ressource ! Si le jeune accompagné aborde de façon plus légère la peur de se tromper et la transforme en opportunité d’apprentissage il se dégagera plus facilement de l’emprise dogmatique  du « zéro faute » ! Dès lors que l’enfant est encouragé à ré-envisager la situation autrement, à élaborer d’autres hypothèses en prenant le risque de l’erreur il 
disposera de cette liberté précieuse de pouvoir recommencer et d’utiliser ses erreurs comme des données porteuses de solutions. Ainsi abandonner une position n’est plus vécu comme une chose angoissante et synonyme de faiblesse et d’inconstance.

 

Cela nécessite pour le jeune de se sentir en sécurité...

 

Il est en effet essentiel de créer un lien sans jugement et sans attente. Pour que les émotions enfermantes ne provoquent pas de blocage ou de rejet, la position de l’accompagnant coach de vie est fondamentale. Elle doit être « travaillée » et exercée avec conscience sans déroger au fait que c’est à l’enfant ou adolescent de trouver ses propres réponses et solutions.Un accompagnement spécifique s’engage alors, adapté sur mesure à la personne présente.L’enjeu est que l’enfant parvienne progressivement à s’autodéterminer et à grandir en autonomie. Favoriser le mouvement intérieur joyeux et porteur d’une initiative libérée de tout jugement est essentielle. L’accompagnement coaching de vie encourage une bientraitance à s’exprimer. Il est question de rassurer, d’accueillir et d’encourager l’enfant à développer son sentiment de compétence.

« Encourager l’enfant et le laisser libre est essentiel pour autant qu’il soit en sécurité ».(1) Susciter la ressource du changement, souligner ce qui est porteur plutôt que de montrer du doigt ce qui ne va pas, encourager les émotions libératrices et constructives et reconnaître l’enfant dans ce qui le singularise, voila des ingrédients propices à une évolution scolaire efficace et créatrice.C’est aux jeunes apprenants de devenir auteurs, acteurs et adultes de leurs parcours scolaires.C’est aux coach scolaires, aux coach de vie d’accompagner ces jeunes potentiels là où leurs capacités et motivations les entraînent.

(1) La bientraitance évolutive dans l’accueil des jeunes enfants - Claire BOUTILLIER - Editions Dunod

 

Roger DAULIN

Directeur de Ecol'COACH

Président de la FCV

www.formation-ecolcoach

04 78 30 14 87 ou 06 12 32 91 46

 

 

 

 

 

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