L’INTIME DE SOI, LE CENTRE DE GRAVITE DE L’ÊTRE

29/05/2017

 

Accompagner implique une double rencontre : rencontrer l’autre et se rencontrer. Accompagner, c’est accepter l’être que je suis en train de devenir grâce à l’autre. C’est aussi recevoir l’autre en mutation, en pleine espérance pour son avenir. La relation d’accompagnement par le coaching de vie crée l’espace de ces rencontres. Celles-ci s’élaborent dans un lieu précis : l’intime de soi.

 

Créer une rencontre de soi à soi, de soi vers l’autre, de l’autre vers soi, c’est le dispositif de base de l’accompagnement. Il pose la question d’une prise de risque. En effet, cette rencontre se vit au plus intime de soi, là où se focalisent les manques, là où naissent les désirs, là où s’enracinent les besoins relationnels les plus exigeants. Créer la rencontre dans ce creuset où se fomentent les stratégies les plus désespérées comme les plus originales, ce n’est pas anodin. Il y a une vraie prise de risque. Et pas la moindre : celle d’être à nouveau déçu, pas entendu, pas reconnu par l’autre…

 

Et pourtant cette prise de risque est assumée par le client lorsque, consciemment ou inconsciemment, il se présente face au coach de vie, lors de son premier rendez-vous. Le client est là, certes après de nombreuses hésitations et à la suite d’un débat intérieur agité. A ce rendez-vous, il donne encore des signes de tangage entre l’envie de fuir et le besoin impérieux de solutionner une situation ou un vécu. Ces questionnements et ces mouvements s’exercent dans ce lieu appelé l’intime de soi.

 

Mais qu’est-ce que l’intime ? A ne pas confondre avec l’intériorité. Celle-ci est plutôt un espace solitaire, un refuge, un lieu centré sur soi-même qui se tient à l’écart des mouvements du monde, à l’abri des tempêtes, un havre de paix, une valeur refuge en quelque sorte…

 

Par ailleurs l’intime est cette dimension où se travaille le lien à l’autre et où se réactualise la capacité relationnelle. Au cœur de l’intime se vit et s’affine les ressentis, les éprouvés et les ressources nouvelles. L’autre n’est jamais exclu de l’intime car c’est précisément ce rapport qui est en permanence sollicité, traversé, bouleversé, mais aussi réenchanté. C’est dans l’intime que se ressentent  les avancées comme les blocages relationnels. L’intime parle de là où l’on est et là où l’on en est dans l’instant mais aussi de ce qui se pressent pour l’avenir. C’est un lieu de doute et d’espérance tout à la fois, les deux fiévreusement associés et âprement discutés. C’est là où se réécrit l’histoire, là où elle peut se répéter également. Cet intime de soi est composé de la somme de tous les vécus, de ce qui a été dit et pas dit, compris et pas compris, fait et pas fait, conscientisé et pas conscientisé.

 

L’INTIME DE SOI EST LE CENTRE DE GRAVITE DE L’ÊTRE

 

L’intime de soi est le centre de gravité de l’être. Il questionne le positionnement, le place en perspective et le jauge. Il donne le rythme, la puissance et la profondeur au « je suis ». C’est grâce à ce qui s’élabore, se construit et s’émancipe dans l’intime de soi que l’accompagnant accompagne. C’est un lieu dans lequel vient s’échouer ou se ressourcer ce qui est de l’ordre des valeurs et de l’éthique. La qualité de l’accompagnement est proportionnelle à ce qui émerge de ce temps réflexif et alchimique, accueillit et porté par l’intime de soi.

 

Comment s’ouvrir à l’autre, à sa différence, à sa spécificité sans un intime de soi sans cesse en questionnement et en ajustement ? L’intime est le lieu en soi où « ça travaille, échange, communique, là où ça se passe, se libère et se renoue ». Sans cet intime qui se clarifie sans cesse, se transforme silencieusement  en permanence, que serait l’accompagnement ? Il offre un principe dynamique : le mouvement. Se reconnaître passe par l’intime. Toucher et être touché le fructifie. Ce principe peut être mis à mal lorsque l’accompagnant se décentre au point où il ne se soucie plus de lui, ne se prend  plus en soin et s’oublie.

 

L’intime de soi exige une attention de chaque instant. Il se nourrit de justesse. Il s’équilibre et s’élève à partir de ce qui est juste et authentique dans le quotidien. Il souligne en creux que ce qui est de l’ordre du juste le fait grandir. Le terme de « juste » est alors mis en tension avec ce qui est approprié et intégré, ce qui est éthique et nourrissant. La richesse et la complexité de l’intime témoignent que pour un « vivre avec l’autre dans l’accompagnement », il nous faut œuvrer et contribuer à poser des pensées, des comportements et des actes en accord avec le « je suis ». C’est se laisser disponible et perméable à tout ce qui peut-être juste pour soi, pour le soi du soi, et favoriser ainsi la rencontre avec l’autre, avec son intime, son inconnu, le seul  mouvement qui puisse réellement être accompagné…

 

Roger DAULIN

Directeur de Ecol'COACH

Président de la FCV

www.formation-ecolcoach

04 78 30 14 87 ou 06 12 32 91 46

 

 

 

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