LE COACH DE VIE, UN FUNAMBULE DE LA RELATION !

27/07/2017

 

Lorsque la séance débute, l’accompagnant coach de vie ignore ce que le client va exprimer. La surprise est à chaque fois au rendez-vous.

 

La parole surgit et l’inattendu s’invite. Il profite de l’incertitude du moment pour dire ce qui ne peut se formuler ailleurs. Etonné, le client entend ce qui, il y a peu de temps, était imprononçable et inaudible pour lui. « Ça surgit là », sans préméditation, sans crier gare, sans avertissement.  Le plus souvent le client est le premier stupéfait de ce qui jaillit de sa bouche. Il ne comprend pas pourquoi « ça surgit là », générant en lui de l’incrédulité et de l’inconfort.

 

L’inattendu s’adresse autant au client qu’au coach de vie. Cet inattendu questionne frontalement la solidité de la relation, la consistance du cadre et l’engagement - ou pas - des affects de chacun. Lorsque l’inattendu de la demande jaillit, une rencontre singulière se noue. L’enjeu pour l’accompagnant est d’éviter à se laisser aller à une analyse des faits exprimés, à une recherche des liens de cause à effet. Grâce à une attention flottante vis-à-vis de ce qui se dit et ne se dit pas, se fait et ne se fait pas, l’accompagnant accepte d’être dans le non-savoir. Ce renoncement lui évite d’être noué et emporté par le transfert. Le coach de vie entend mais ne se laisse pas distraire, aspirer, par l’inattendu de la demande.

 

Le coach de vie est invité à entendre, pas à intervenir dans une histoire qui n’est d’ailleurs pas la sienne. Tout au plus, il est le témoin bienveillant, « l’entendant-regardant » d’un déroulement qui se donne à voir. En ne s’investissant pas dans le déroulement de l’histoire qui se raconte, il rend au client ce qu’il vient d’entendre mais qui ne lui appartient pas. Il ne s’en saisit pas. Il se contente, tout au long de l’accompagnement, d’incarner une présence, une capacité à entendre avec bienveillance, à accueillir « comme ça vient » ce qui lui est envoyé. Rendre ce qu’il a entendu sans déformer, sans influencer, sans orienter… « Le coach supposé savoir » renonce précisément à ce savoir-là ! Il n’est pas celui par qui la réponse fuse. Il n’a pas de solutions à offrir. L’accompagnant n’est qu’une courroie : celle qui relie le client à lui-même !

 

L’ACCOMPAGNANT COACH DE VIE N’EST QU’UNE COURROIE

QUI RELIE LE CLIENT A LUI-MÊME !

 

L’espace relationnel laissé vacant grâce au renoncement du coach, permet au client de repérer ce qui insiste, ce qui se répète, ce qui résonne, ce qui persiste.

 

L’accompagnant coach de vie se confronte, à la fois, à l’incertitude du moment (faut-il se taire ou intervenir ?), aux doutes sur la justesse de sa posture (trop proche, trop insistante, trop distante ?), à sa capacité à accueillir l’inattendu (est-il suffisamment disponible, réceptif ?).

 

Etre accompagnant, c’est se mettre en situation de déstabilisation. Occuper la place de celui qui est supposé savoir et renoncer à dire à l’autre ce qui est bon pour lui est un étrange paradoxe, et pourtant ! C’est par l’absence de solutions pour son client qu’il le met au travail…

 

Toujours sur le fil, empreint d’une incertitude récurrente et d’une grande disponibilité, le coach de vie accompagne le client tel un funambule de la relation.

 

Roger DAULIN

Directeur de Ecol'COACH

Président de la FCV

www.formation-ecolcoach

04 78 30 14 87 ou 06 12 32 91 46

 

 

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