La discrétion

14/08/2018

 

Une ressource pour une pratique efficiente du coaching de vie

 

La discrétion ainsi que le renoncement à faire à la place de l’autre et la présence sans cesse ajustée balisent le savoir-être de l’accompagnant coach de vie. Etre là, mais avec humilité et modestie… Libéré de la charge de « celui qui sait pour l’autre », le coach de vie abdique ainsi une toute puissance relationnelle. Une joie simple émerge alors de cette expérience. Une expérience relationnelle qui relègue dans un fond de cour, la course à la reconnaissance. Il est question, pour le coach de vie, de mettre son savoir en clandestinité le temps de l’accompagnement et de vivre le lien à l’autre avec disponibilité et pleine considération.

 

Dans son essence, la relation d’accompagnement coaching de vie porte un renoncement : celui de se faire valoir auprès du coaché et de faire à sa place. C’est ainsi que l’usage de la discrétion préserve le laisser-être du coaché. Cette posture est une expérience précieuse et riche pour la personne accompagnée. Et pour le coach de vie, il met au travail le fait de ne pas être celui qui a la solution pour l’autre. Il incarne ainsi dans sa posture « un désistement solutionnel » au profit du coaché.

 

Pierre Zaoui écrit dans son magnifique livre sur le thème de la discrétion : « Se faire discret, c’est bien davantage que se limiter : c’est créer, c’est donner, c’est aimer, c’est laisser être »(1). Pour le coach de vie, affiner sa posture jusqu’à la rendre discrète passe par renoncer à se faire valoir et en se mettant en avant. Seul compte l’accomplissement du coaché par lui-même.

 

Pour le coach de vie, renoncer est une expérience relationnelle majeure : celle de se défaire d’une toute puissance. Il est appelé à « communier dans la passion du discret, de l’impersonnel, de l’inapparaissant »(1). C’est renoncer, à faire valoir une souveraineté dans la relation, une ambition personnelle et la satisfaction d’être celui « par qui cela arrive », sous-entendu le résultat, le bonheur voire le bien-être du client !

 

La discrétion, c’est pondérer le mouvement vers l’autre au profit du développement exploratoire de ce dernier. C’est le coaché qui sait, mais le sait-il seulement ? Pétri de questionnements, de doutes et d’espoirs, le coaché projette sur le coach l’illusion que ce dernier a la réponse qu’il recherche. Il transfert si fort sur le professionnel que celui-ci peut être enclin à le croire…

 

Accompagner, c’est confier le coaché à son autonomie, à sa créativité et à son libre-arbitre

 

Si accompagner c’est confier le coaché à son autonomie, à sa créativité et à son libre-arbitre,  la carte de la discrétion relationnelle du coach de vie a toute son importance. Il s’agit pour lui, d’être là sans donner l’impression qu’il a la réponse, sans s’imposer comme celui qui peut le sauver, bref, être là sans s’exhiber et dominer.

 

L’autonomie du coaché, son accomplissement et la joie liée à l’atteinte de son objectif sont à la hauteur de la discrétion incarnée par le coach de vie. Ce dernier est le plus souvent un taiseux. Que ce qualificatif soit décliné en concept et devienne une source inspirante pour l’accompagnant, cela signifie que la discrétion peut devenir un art.

 

La discrétion relève d’une pudeur et d’une humilité

 

La discrétion relève d’une pudeur et d’une humilité. Elle préserve l’expérience intime du coaché lorsque soudainement une réponse jaillit de son être. La discrétion du coach de vie redonne une priorité : celui qui sait, c’est et restera toujours le client et lui seul !

 

Etre discret pour un coach de vie, c’est se faire oublier durant la séance par le coaché. Etre seulement le témoin bienveillant d’une histoire qui se délie et qui trouve enfin sa route grâce à la créativité du client lui-même.

 

La discrétion, pour le coach de vie, c’est laisser se déployer une adaptabilité toute en douceur et en retenue. C’est aussi savoir baisser les yeux, détourner le regard lorsqu’une vérité nue et impudique s’exhibe et ne trouve pas preneur par le coaché. Faut-il contraindre ce dernier à voir ce qu’il ne veut pas voir, à entendre ce qu’il ne veut pas entendre ? N’est-il pas plus opportun et plus pédagogique de le laisser trouver et saisir sa vérité comme il la voit et l’entend ?

 

Etre accompagnant coach de vie, c’est renoncer à avoir une solution pour le client

 

Etre discret pour un coach de vie, c’est être en retrait du mouvement de vie du client tout en restant présent et attentif à ce dernier. C’est manifester un renoncement, celui d’avoir une réponse pour l’autre. C’est laisser une place à l’autre, toute sa place. Au coach de vie d’accepter et de reconnaître qu’il n’est pas au centre de la relation mais à la périphérie, aux côtés du client mais jamais à sa place. Il est question d’une juste distance pour une juste place. Cette éthique relationnelle engage le coach de vie dans une restriction, une économie voire  une écologie dans le sens d’une sobriété relationnelle heureuse (2). Ceci dit, pour le coach de vie, cette façon d’être l’épargne de la folie à prétendre sauver l’autre et le monde, de vouloir les changer à son image et selon ses croyances.

 

La discrétion, c’est se retirer sans s’exiler, sans disparaître,

en s’abandonnant à la vérité de l’autre pour lui-même

 

Le coach de vie, au plus fort de son accompagnement, n’attend rien de l’autre, ne cherche ni à clarifier à sa place, ni à comprendre ce que vit le client dès l’instant où ce dernier avance, progresse et évolue. Cette discrétion relationnelle sauvegarde l’intimité du coaché, épargne une certaine promiscuité et évite au coach de vie de vouloir plus que sa part dans cette histoire, qui plus est, n’est pas la sienne.

 

La discrétion devient un art lorsqu’elle s’ouvre sur une expérience relationnelle plus humaine. Etre discret pour un coach de vie c’est permettre que le coaché le soit moins vis-à-vis de lui-même et qu’il occupe toute la place qui lui revient : celle d’un chercheur de sa propre vérité.

 

Roger DAULIN

Directeur de Ecol'COACH

Formateur au métier de Coach de vie

www.formation-ecolcoach.fr                                                                                 

04 78 30 14 87 ou 06 12 32 91 46

 

 

(1) La discrétion. Pierre Zaoui Editions Autrement collection Les Grands Mots

(2) Clin d’œil au livre de Pierre Rabhi La sobriété heureuse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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