Spiritualité humaniste et coaching de vie

07/12/2018

 

Ce qui renvoie à la question du sens, ce qui élève et génère de la beauté dans la relation d’être à être suppose relever de la spiritualité. Je fais référence à une spiritualité humaniste (1), celle qui conduit chacun à accueillir son prochain tel qu’il est, là où il en est, avec dignité et respect. Elle suggère de porter de l’attention à soi, à la justesse de son positionnement, à la qualité de la relation à l’autre, à ce qui circule entre les êtres et les relie.

 

Éprouver de l’intérêt et de la considération pour la personne qui se présente à soi est le premier temps d’une rencontre interactive et interhumaine. Ainsi un lien se crée, un entre-deux relationnel s’élabore. Le coach de vie, par sa qualité de présence, participe à « un prendre soin » dans l’échange. La bientraitance est impérativement invitée à instruire la relation. Une relation bien traitante est de nature à sécuriser « le sensible, le malmené ou l’insuffisamment nourri » par le passé. Cependant, n’oublions pas que derrière un mal-être ou un questionnement récurrent et infructueux, il y a une personne.

 

Rencontrer une personne dans son entièreté, suppose pour le coach de vie que je suis, d’accueillir ce qui est en mouvement en elle, son élan vital comme ses manques, ses besoins, bref tout ce qui dynamise son existence, sans rien rejeter ou nier. Il m’importe alors d’intégrer cette dimension globale dans l’exercice de ma pratique. C’est une aptitude que je place au centre de ma démarche : accueillir et accepter la personne dans son ensemble sans la morceler avec d’un côté son symptôme, de l’autre le sujet qui parle de son symptôme.

 

Le coaching de vie affiche comme intentionnalité que chacun puisse se réaliser et s’accomplir

 

Le coaching de vie a comme intentionnalité pour la personne accompagnée, qu’elle puisse se réaliser et s’accomplir en partant d’un postulat : elle seule, dispose de sa vérité. Cette dernière ne peut rayonner que dans le respect de la singularité de l’Être. Encore faut-il un dispositif relationnel prenant soin de cet accomplissement potentiel. Soulignons que l’épanouissement de ce potentiel, libère. Ce processus participe à faire émerger le sens, lui-même demandeur d’un sentiment d’unité.

 

Chaque personne éprouve le besoin d’être reconnue, entendue et vue telle qu’elle est. Mais pour cela, la présence attentive d’un de ses semblables est incontournable. C’est en partie mon rôle en tant que coach de vie. Grâce à ma posture sans cesse accordée, j’ajuste ainsi l’effet miroir et donne de la consistance à la relation. J’accueille la personne dans son besoin d’être reconnue, entendue et vue, en étant disponible autant que possible, et surtout sans attente, sans jugement, sans intention. Envisager et incarner la qualité de ce lien à l’autre est une des responsabilités majeures du coach de vie. Il est nullement question de « soigner ou de réparer ». Seulement accueillir la personne telle qu’elle est globalement, avec son questionnement ou sa souffrance éventuelle mais pas uniquement. A cet instant, le coaché peut naître comme sujet…  Il s’inscrit alors dans une réassurance intérieure grâce au regard bien traitant du coach de vie, un regard sans attente particulière puisque l’accueil déployé est inconditionnel.

 

Tout est là, dans ce tissage relationnel où l’autre est reconnu comme un être distinct, digne et reçu avec respect. Un acte relationnel humaniste… A lui seul, il restaure et remédie à un manque quel qu’il soit. Parvient-il à compenser totalement ? Le coaching de vie n’a pas cette prétention. Mais, considération après considération, reconnaissance après reconnaissance, le coaché récupère ce qui lui est dû : une partie de lui-même, cette part manquante appelée sécurité intérieure, confiance ou estime de soi. Certains diront qu’il est question de justice relationnelle, d’autres évoqueront une assurance enfin recouvrée.

 

Chacun est en devenir…

 

A l’origine, il n’y a de manque, de fracture ou de besoin que relationnel. Chacun est concerné par quelque chose à retrouver, à récupérer ou à faire valoir de son parcours de vie. Chacun est en devenir et a besoin de se sentir reconnu aujourd’hui dans son humanité, pour croître et s’élever demain. C’est ainsi que chaque personne négligée dans son existence cherche à se retrouver dans le regard contenant et sans attente particulière d’un de ses semblables, par exemple un coach de vie.  C’est une question d’humanité. Et là où il y a humanité, il y a spiritualité.

 

Loin de toute convenance religieuse, le mouvement de donner et de recevoir sans attente et sans retour, est de nature spirituelle. En rencontrant et en accueillant l’autre en tant que sujet, ce qui s’échange alors dépasse la seule objectivité relationnelle. Cette mise en lien, sans entrave et sans assujettissement,  lui confère un caractère spirituel.

Au-delà d’une règle de bonne conduite sociale, accueillir le coaché dans sa puissante nécessité intérieure à exister, oblige le coach de vie à une présence dont le caractère humaniste s’impose de lui-même. Il ne s’agit pas seulement d’établir une relation bienveillante. Plus encore, le coaché est en attente d’être reconnu dans ses besoins, ses attentes, ses manques et en même temps il est digne d’estime quoi qu’il en soit. Cela suppose de l’entendre raconter son récit et évoquer ses aspirations à exister pleinement.

 

Que peut proposer le coach de vie ? Un relationnel réceptif à tout ce qui s’exprime et une disponibilité également à ce qui ne se dit pas, ou pas encore, un dispositif d’accompagnement au plus près de la personne et un humanisme préservant coûte que coûte l’histoire spirituelle qui se déploie au cœur de la rencontre.

 

Etre coach de vie, c’est entendre, accueillir inconditionnellement les besoins et les valeurs exprimés par le coaché. C’est le reconnaître là où il en est, tel qu’il est, comme un être digne, respectable,  singulier et porteur d’une dimension de croissance, d’évolution et d’élévation.

 

Roger DAULIN

Directeur de Ecol'COACH

Formateur au métier de Coach de vie

www.formation-ecolcoach.fr                                                                                 

04 78 30 14 87 ou 06 12 32 91 46

 

(1) L’humanisme, dans la période pré-socratique, s’appuyait sur l’idée que l’homme est au même niveau que tout ce qui vit sur terre et sa connaissance consistait surtout à s’y intégrer. Au XXème siècle, Emmanuel Levinas et Martin Heidegger prolongent l’idée et les valeurs de l’humanisme en le situant dans une relation avec autrui, une relation désintéressée avec l’humanité, considérée comme un autre soi-même. Reconnaître l’autre comme un autre soi-même, c’est acquérir la capacité de voir, au-delà des différences extérieures, l’identité spirituelle qui constitue toute l’espèce humaine en devenir. (Source www.ledifice.net). La spiritualité est un des facteurs qui permettent à l’être humain de donner du sens à sa vie. (Source www.erudit.org)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts Récents
Please reload

Par Tags