Etre vivant suffit-il ?

06/03/2019

Avec le recul, il apparaît clairement qu’être vivant ne constitue pas l’assurance d’être épanoui. Le bien-vivre de l’être humain exige autre chose de plus impliquant.

 

Ma pratique de coach de vie m’amène à entendre sans cesse des besoins de femmes et d’hommes cherchant à être reconnus et à retrouver du sens dans leur vie, à exister tout simplement. Ils disent ne pas être à leur place, se sentent éteints, démotivés, las, sans de véritables perspectives. Certes, vivants ils le sont mais ils ont le sentiment de ne pas exister ou pas comme ils le souhaiteraient ! « J’ai l’impression juste de remplir ma vie par des choses inutiles » dit l’un. « Je sers à quoi dans cette vie, pouvez-vous me le dire ? » s’exprime avec tristesse un homme venant de passer la cinquantaine. Une femme de 32 ans me confie au début d’une séance : « Je me sens vide, creuse, sans consistance, en somme comme ma vie. J’ai besoin d’un but, quelque chose à projeter dans un futur ».

 

Etre vivant suffit-il ? Certes, être vivant ouvre la possibilité d’exister. La possibilité seulement… Etre un existant signifie laisser émerger avec conscience, une assise, une verticalité, une présence et du sens dans sa vie. Mais surtout, être un existant, c’est être en lien avec ses besoins fondamentaux et les incarner dans son quotidien. Il ne s’agit pas d’abolir toute défaillance ou de se tenir hors de quelque chose. Etre un existant, c’est trouver en soi la ressource de s’épanouir et de se réaliser. Il est ainsi question de demeurer en soi, dans son authenticité et d’oser sa singularité. Il s’agit d’advenir à soi-même, en soi et en lien avec l’autre et les autres. Ce n’est pas un autre monde qui serait à investir ou quelque chose d’extérieur à conquérir. Exister, c’est naître à soi-même et prendre sa part de risque à être qui l’on est. Etre existant, c’est devenir consistant et vivre l’expérience d’être pleinement soi.

 

Etre existant, c’est s’aventurer dans une présence qui comble. Une présence renonçant aux clivages, aux divisions intestines et acceptant la perte de certaines certitudes. Etre existant opère au plus profond de soi une irréductible mutation.

 

Il ne suffit pas d’être né pour exister

 

En étant vivant, soupçonnons-nous que nous ne sommes pas automatiquement existant ? S’agit-il seulement d’être là en chair et en os pour être existant ? La réponse est claire : il ne suffit pas d’être né pour exister.

 

Au-delà d’être vivant quelque chose se tient en suspens ou que chacun tient en respect, voire à distance. Etre vivant, et seulement vivant, c’est comme vouloir se protéger d’un mouvement qui questionne, ébranle et remet en cause ce qui, commodément, s’est mis à l’abri. Est-ce seulement de la prudence ? Une façon de se protéger, mais de qui et de quoi ? Au quotidien, sommes-nous soulagés de n’être que vivant ? Que suppose d’être un existant ? En premier lieu, accepter d’être exposé, de s’exposer à ce qui émerge, jaillit et assaille parfois. Etre un existant, c’est être nu face à l’inconnu en soi. C’est accueillir qui l’on est, sans paravent, sans masque. Etre seulement vivant, c’est se garder d’une telle rencontre avec soi-même. C’est éviter et s’éviter. C’est ne vouloir être que dans le connu, l’attendu et le voulu et surtout, ne pas basculer dans l’inconnu, l’inattendu et le non voulu.

 

Y-a-t-il péril à exister ? Il est vrai qu’être existant, c’est entendre le mouvement qui anime le corps, l’émeut, l’agite, le trouble et le saisit. Et dans ce corps, il y a des émotions sans cesse bondissantes, des pensées souvent préoccupantes et des ressentis quelquefois inconfortables… Se rendre disponible grâce et pour son corps, c’est d’une certaine manière, se brancher à soi-même, se connecter à ce qui émet sans discontinuer des informations, des alertes, des possibles. Il est vrai que cette constante manifestation de données surprend, inquiète, désespère même sur la capacité à contrôler ces flux intérieurs. C’est en quelque sorte de l’éphémère à accueillir et à accepter. Peu de ces données sont maîtrisables. Le désir est grand de pouvoir conserver à la mémoire, de contrôler, d’archiver, de stocker toutes ces informations ! Et de fait, l’incapacité à le faire désarçonne et parfois même inquiète. Ce mouvement incessant devient vite anxiogène dès que nous cherchons absolument à en faire quelque chose.

 

Par ailleurs, vivre intensément, à cent à l’heure selon la formule consacrée, est un faux existant. Il y a tant de choses à faire que le risque d’être in-existant est grand. Le « zappant » aussi est peu existant. Il est un « affairant » peu disponible aux mouvements intérieurs, préoccupé à viser, à cibler, à se concentrer sur quelque chose en particulier au détriment du « restant », de « l’étant ». L’occupation insistante à accéder absolument à quelque chose prime. Cependant, si la chose à conquérir suppose une victoire potentielle, elle s’évite une disponibilité à ce qui est.

 

N’est pas existant qui peut !

 

N’est pas existant qui peut ! En effet, chercher à répondre à l’exigence du toujours plus, c’est rester dans un semblant et éviter un existant. Bien que vivants, l’homme et la femme ne sont pas existants automatiquement. L’existant est menacé de choir par excès de choses à faire. Il sombre dans un état «d’in-existant» alors qu’il remplit son tonneau des danaïdes jusqu’à ce que l’épuisement l’atteigne.

 

Etre existant, c’est être en disponibilité à ce qui est, le recevoir tel quel, là où cet être en est, sans vouloir qu’il en soit autrement. C’est laisser advenir l’existant dans le vivant, l’accueillir comme une position singulière en voie d’accomplissement.

 

Etre existant, c’est ni plus, ni moins qu’une présence vécue et consciente. L’accompagnement coaching de vie facilite l’éclosion de cette présence en ramenant le coaché à lui-même, en lui permettant de se rencontrer, de se découvrir, de laisser émerger des besoins profonds, signifiants et porteurs de perspectives épanouissantes et notamment, celles d’exister...

 

Roger DAULIN

Directeur de Ecol'COACH

Formateur au métier de Coach de vie

www.formation-ecolcoach.fr                                                                                 

04 78 30 14 87 ou 06 12 32 91 46

 

 

 

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