Le corps communique, entendons-le…

05/08/2019

 

Devrions-nous évoquer le caractère essentiel du corps dans l’accompagnement coaching de vie ? Pourquoi préciser que sans lui il y aurait absence de parole, de pensée, d’émotion, de sensation, d’humeur ? Et pourtant, les manifestations du corps sont souvent inconscientes, passées sous silence, peu prises en compte. Les variations du ton sont ignorées, l’endroit d’où part la voix que ce soit du ventre, de la gorge ou de la tête est relégué dans l’indifférence quasi générale et la façon dont le corps se déplace ou pas, sa manière d’être là ou ailleurs, centré, ancré ou hors-sol est peu conscientisée. Une constatation pourtant s’impose, le corps communique, entendons-le…

 

Pour se rencontrer, le coaché et le coach de vie ont besoin de leur corps. Chacun se présente, parle et montre de lui ce qu’il souhaite grâce au corps, au travers de son corps. Et pourtant, fréquemment, il est oublié ! Comme si les paroles et les pensées, les émotions et les ressentis venaient d’ailleurs, d’un « je ne sais où » bien arrangeant afin de ne pas avoir à assumer le corps, son corps, son histoire corporelle.

Une évidence, à la limite d’une lapalissade : nous ne pouvons pas ne pas communiquer avec notre corps, et encore moins être en relation, entendre et s’entendre sans lui. Il est ce par qui et par quoi la vie s’installe. Quel qu’il soit, aimé ou pas aimé, fragile ou puissant, cabossé, abîmé, amputé ou entier, l’expérience même d’une rencontre, d’un accompagnement, n’est possible que grâce ou à cause du corps. Il est à l’origine mais aussi le réceptacle et la mémoire de ce qui est traversé, refusé ou libéré. Avons-nous d’autres possibilités pour accueillir l’être dans sa profondeur que de le vivre et l’accompagner par un corps vivant, existant et conscient ?

 

Cependant le corps, au-delà des expressions extérieures données à voir pour ce qu’elles sont, est peu confiant pour se livrer spontanément. De quoi a- t-il besoin pour mobiliser ses ressentis, son inconscient, ses potentialités et les livrer ouvertement ? De sécurité, de considération, de bienveillance et de non-jugement.  Mais aussi de sentir qu’il peut avancer, se montrer et se dévoiler à son rythme, sans risque majeur, selon ses facilités et ses empêchements, selon sa propre grille de lecture et son champ de perception, ses choix d’orientation et de destination. Etre accueilli, entendu, reconnu tel qu’il est, là où il en est. Ni plus, ni moins. Qu’il ne se sente pas dans l’obligation « de voir ou de comprendre  quelque chose » qui ne soit pas de sa propre actualité.

 

En d’autres termes, que l’intention, le vouloir, le désir de l’autre - de l’autre corps - ne viennent pas interférer, influencer, guider, conseiller, ni même aider un processus si singulier, si unique, si remarquable dans son altérité est la base même de l’accompagnement coaching de vie. Etre aidé, analysé et interprété même avec l’intention de bien faire rétracte instantanément un corps. Vouloir quelque chose pour le corps de l’autre anesthésie toute émergence, toute expression profonde de l’être-corps accompagné. Il en va ainsi, conseiller et dire à l’autre-corps ce qu’il devrait faire et comment le faire conduit à l’infertilité de trouver sa propre voie, sa voie et de l’expérimenter dans un libre-arbitre consenti. Le chemin se vit grâce au respect, à la considération et à l’humanisme témoignés par un être-corps vis-à-vis d’un autre être-corps, distinct, différent, autre… Cet accueil inconditionnel, cette invitation proposée à être par son corps, grâce à son corps et au travers de son corps un sujet unique, respecté en tant que tel, sont des témoignages empreints d’humanité et de spiritualité. C’est par cette seule réalité relationnelle et corporelle que l’humain peut se questionner, évoluer, s’aimer et grandir. C’est en son corps qu’il découvre ses besoins fondamentaux, cette part de soi influente qui aspire à être reconnue et entendue.

 

La sécurisation d’un corps en lien avec un autre corps passe par la qualité d’un cadre relationnel bienveillant, bien traitant, respectueux du rythme et du mode d’expression, détaché de toute intention de l’un vis-à-vis de l’autre. Il y a un renoncement à vouloir pour l’autre, à inciter celui-ci à découvrir quoique ce soit qu’il ne remarque par lui-même. Cela nécessite de la part du coach de vie une grande présence à lui-même et un renoncement accepté, bien compris et bienveillant vis-à-vis d’éventuels conseils, informations et intentions qu’il pourrait évoquer et projeter sur le coaché.

 

Conforme à l’enseignement de Socrate qui s’assurait que ses interlocuteurs puissent se mobiliser pour chercher et trouver par eux-mêmes leurs réponses et leurs propres voies, le coach de vie préserve son client de toute influence de sa part.

 

La relation d’accompagnement coaching de vie invite chaque protagoniste à se mettre à l’écoute de son corps, de l’entendre et d’accueillir ses diverses manifestations afin de laisser advenir des besoins vrais, authentiques, tendus vers un accomplissement, une réalisation et un épanouissement de soi.

 

Accueillir, entendre, laisser se vivre ce qui peut se vivre et accompagner la personne là où ses besoins fondamentaux et vitaux l’orientent, telle est la démarche proposée par le coach de vie. C’est un dispositif qui favorise le libre-arbitre, le développement de l’autonomie, l’unité de l’être et la convergence de ce qui fait sens. C’est accompagner l’homme dans l’incarnation de ses besoins vrais et dans l’acceptation et l’apprivoisement de sa propre spiritualité.

 

Roger DAULIN

Ecol'COACH

Organisme de formation au métier de coach de vie

www.formation-ecolcoach.fr                                                                                 

 

 

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