HUMANISME, VALEURS ET COACHING DE VIE

25/09/2019

 

L’humanisme, c’est ce que tente d’incarner l’accompagnant coach de vie dans sa pratique professionnelle. Simplement parce qu’il n’existe pas de relation d’accompagnement sans une confiance en l’homme et sans une conception optimiste de l’avenir.

Cette vision implique le coach de vie dans une certaine dimension de l’homme et de son épanouissement. Allier une pratique professionnelle à un ensemble de valeurs pour le plus grand bénéfice de ceux qui, parmi nos semblables, désirent « être aidés », inscrit le coach de vie dans une orientation résolument humaniste.

Mais qu’en est-il de cet ensemble de valeurs ? De quoi parlons-nous lorsque nous évoquons cet humanisme, supposé être partagé par les coachs de vie ?

 

Roger DAULIN, directeur de Ecol’COACH, organisme de formation au métier de coach de vie, répond à quelques questions.

 

  • Quel sens donnez-vous à la démarche humaniste dans le cadre du coaching de vie ?

Il est nécessaire d’interroger les fondements de l’approche humaniste, de l’ancrer dans une pratique professionnelle, de l’expérimenter, afin d’éviter la banalisation, et de son contenu philosophique, et du métier de coach de vie. Cette mise au travail et en perspective de l’accompagnement ouvre sur un espace dans lesquelles « les bonnes pratiques » ne suffisent pas et les réponses formatées n’existent pas. Déployer une pensée questionnante, accueillir le doute, accepter les paradoxes, chercher sans cesse la mise en cohérence, reconnaître la justesse éphémère d’un instant de grâce, avancer avec ses valeurs et ses interrogations sans jamais perdre de vue la position centrale de l’être humain, tel est l’enjeu de notre quotidien d’accompagnant coach de vie.

 

  • Vous évoquez la présence des valeurs… Comment sont-elles intégrées dans la pratique professionnelle ?

En premier lieu, qu’est-ce qu’une valeur ? C’est ce qui distingue une personne et la rend digne d’estime, à ses yeux et à ceux de son entourage. C’est ce qui importe, ce qui a du sens, et qui procure de la force à une personne, à une démarche, à une posture. Une valeur est sous-tendue par le beau et le juste. Elle oriente et qualifie. Elle rend la personne estimable. Une valeur se destine à enrichir et à étayer un savoir-être. Bien sûr, elle implique du questionnement, de la remise en cause et du dépassement. La valeur contribue à un rassemblement autour de la personne et participe à sa cohésion et à sa cohérence.

 

  • Les valeurs élèvent la personne…

Oui, en effet. La valeur mobilise, unifie et ne cesse d’encourager une future manière d’être. Elle devient ainsi une raison d’être et naturellement elle stimule, intériorise et humanise. Elle donne de l’importance à une façon d’être avec soi, avec l’autre et les autres. Elle ré-enchante une pensée, un comportement ou une action. Elle participe au grandissement d’un présent et d’un devenir humain. Une valeur a ainsi un impact considérable et il est essentiel que le coaché se rencontre pour mieux les identifier et ensuite les intégrer. Mais une valeur n’est pas un acquis. Elle se travaille, s’épure au contact du réel, se révise et s’affine. La valeur évite de ce fait une dogmatisation puisqu’elle est par essence, en mouvement. Toutefois, les repérer ne suffit pas. Encore faut-il adhérer à ses valeurs et surtout les pratiquer, les incarner, en somme en faire usage lors des situations rencontrées en coaching de vie. Et cela vaut autant pour le coaché que pour le coach de vie…

 

  • Cela veut dire que vous accompagnez le ou la coaché(e) à utiliser leurs valeurs dans leur quotidien ?

En effet, la mise en œuvre d’une valeur dans un quotidien est essentielle. Cela ne suffit pas de savoir que nous disposons d’une valeur, encore faut-il lui donner de la consistance dans son vécu. C’est même une nécessité… Rassembler autant les valeurs que les compétences est indispensable. D’ailleurs, la valeur d’une valeur se révèle dans l’acte, dans son application, dans sa mise en situation. Lorsque les valeurs conscientisées intègrent le savoir-être, le dispositif et la démarche même du coaching de vie, elles ont alors une résonance toute particulière. Cependant, n’oublions pas qu’une valeur ne s’impose pas, elle se propose. Restons lucide sur le facteur actif d’une valeur, sur son côté précaire, fragile et … contestable ! C’est l’adhésion réciproque qui lui assure une portée déterminante. Elle s’évite ainsi une situation de toute-puissance.

 

  • Il est important pour vous que le coaché adhère aux valeurs du coaching de vie par exemple ?

Essentiel ! C’est ainsi que le coach de vie présente le dispositif de la mission, le cadre référentiel inhérent à celle-ci et la particularité de la relation d’accompagnement. Et au futur coaché de consentir, ou pas. Sa coopération à ce processus est un paramètre évidemment majeur. Le consentement éclairé du coaché est une étape incontournable. Il positionne le bénéficiaire en tant que sujet autonome et contribue à une relation de confiance.

 

  • Quelle est votre lecture du l’humanisme ?

L’humanisme, c’est le réveil du sujet ! C’est une philosophie pratique, de terrain, et elle encourage chacun à partir à la recherche de lui-même, à se trouver, à s’émanciper des encombrants, des résistances et des répétitions stériles, pour enfin se réaliser pleinement. La pratique professionnelle du coaching de vie - ou coaching humaniste - offre de la place et de la considération à la relation, au respect, à la bienveillance, à la non-directivité, au libre-arbitre et à l’interconnexion des personnes entre elles.

 

  • L’humanisme regroupe de nombreuses valeurs…

L’humanisme est en effet un ensemble de valeurs structurantes et traversantes, dont le coaching de vie s’inspire. L’humanisme, ce n’est pas simplement croire en l’autre. Il participe, lorsqu’il est appelé au sein d’un dispositif, à l’émergence du libre-arbitre et de l’accomplissement personnel en harmonie avec un environnement. La foi, en l’autre et en ses ressources, conduit à développer un contenant relationnel bienveillant, bien-traitant, sécurisant, dans lequel la spécificité de chacun est considérée. La valeur de l’homme est au centre de ce dispositif relationnel qu’est le coaching de vie. Jamais une personne est devenu un sujet parce qu’elle avait la bonne idée de naître ! Être un sujet est un cheminement. C’est le voyage d’une vie. Jamais vraiment arrivé et sans cesse en mouvement…

 

  • En somme,  le coach de vie met « en valeur » le coaché… Mais le coach de vie est-il coresponsable ?

J’évoquerai davantage la notion de solidarité. Le coach de vie se réfère à un humanisme solidaire. Dans sa pratique professionnelle, il tente d’être aussi présent que possible, attentif, accueillant, sans jugement, sans attente, et ce, en posant un lien solide dans la relation. J’évoquerai d’ailleurs à ce propos le terme d’alliance. L’ensemble des valeurs que le coach de vie incarne comprend la reconnaissance du sujet tel qu’il est et là où il en est. La visée émancipatrice de la démarche de coaching de vie suppose d’accompagner la personne là où ses besoins de s’accomplir l’orientent. Pas ailleurs. Pas là où le coach de vie supposerait qu’il serait préférable d’aller pour le bien présumé de son client. Il y a solidarité dans le sens de soutien vis-à-vis des besoins exprimés par le coaché et de fraternité dans la notion d’être à ses côtés, quoi qu’il advienne. La responsabilité est une responsabilité éthique. Être en présence, en relation soutenante, contenante, et autant que possible, sans faille dans l’accompagnement, en renonçant à vouloir quelque chose pour le coaché autre que ce qu’il désire lui-même et ce à quoi il aspire. Le coach de vie est impliqué parce qu’il est solidaire mais il n’est ni à la place de la personne coachée, ni il ne fait à sa place.

 

Soutenir l’auto-détermination est aussi une des grandes valeurs du coaching de vie. Il faut y adjoindre de la tolérance et un « laisser se faire ce qui peut se faire » à la hauteur de ce qui est juste et voulu par la personne, ici et maintenant, dans le vécu qui est le sien à cet instant.

 

  • La posture de coach de vie est exigeante…

C’est une conduite à vivre… Le métier de coach de vie est fondé sur une relation d’accompagnement vis-à-vis de son prochain à condition bien sûr qu’il en exprime la demande.  Je considère celle-ci comme une situation d’appel reliée à un  besoin jusqu’alors inaccompli. La spécificité de l’accompagnement coaching de vie est d’offrir une pratique professionnelle résolument portée vers l’humain et son devenir. A ces valeurs identificatrices et structurantes s’ajoutent une formation spécifique au coaching de vie et à la remise au travail des fondamentaux du métier grâce à une supervision régulière. En somme, il est question de contribuer au respect, à la fois de la personne telle qu’elle se présente, de la diversité de ses moyens et de sa capacité à s’affranchir, de se réaliser et de trouver en elle les ressources de son propre bien-être.

 

Roger DAULIN

Ecol'COACH

Organisme de formation au métier de coach de vie

www.formation-ecolcoach.fr                                                                                 

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts Récents

11/09/2020

Please reload

Par Tags