Vers une spiritualité humaniste…

09/05/2020

 

Spiritualité. N’est-ce pas  décalé de poser ce mot et de l’inclure dans un dispositif relationnel tel que l’accompagnement coaching de vie ? Ou bien, est-ce une juste affirmation de la présence de celle-ci lorsqu’il s’agit d’épanouissement et d’accomplissement de soi ? Mais alors, sur quelle spiritualité s’ouvre l’accompagnement coaching de vie ? Tout naturellement, ces questionnements invitent à préciser la place et le sens de celle-ci. Le coaching de vie n’est peut-être pas que ce à quoi il est réduit le plus souvent…

 

Chaque femme, chaque homme disposent d’une capacité à se réaliser, à s’accomplir. Coacher ou être coaché participe à une expérience dans laquelle l’intime, l’authentique, l’aspiration à autre chose, sont questionnés et sollicités. Tôt ou tard, il y a un réel besoin de traverser un quotidien devenu terne et insatisfaisant. Il y a alors « un quelque chose » qui tend vers un idéal, vers un au-delà qui parle de réalisation de soi. L’inscrire dans un quotidien devient un besoin.

 

Associée à la question du sens, à ce qui fait sens, au besoin de sens, le dispositif relationnel déployé oriente coach et coaché(e) vers une mise en lien de l’intime avec la vie ordinaire. Ce lien réunit et unit. Il lie et relie. Il contribue à rassembler ce qui était séparé et à développer un sentiment d’unité et d’apaisement corps-âme-esprit.

 

La demande première d’une personne coachée se manifeste le plus souvent sous la forme d’une insatisfaction, d’un sentiment de manque, quelque fois même un vide existentiel. Qu’est-ce qu’un vide existentiel sinon une absence de sens ?

 

Durant toutes ces années en tant que coach de vie, j’ai été touché et émerveillé par les efforts déployés par les personnes accompagnées à sortir d’une position, d’un encombrant voire d’un mal-être. Que d’énergie fournie pour se réorienter, s’ajuster et se réinventer. De grandes valeurs tendent alors à aller jusqu’au bout de leurs potentialités et richesses…

 

C’est une évidence, la spiritualité répond à un besoin. Abraham MASLOW l’avait d’ailleurs clairement identifié comme un besoin majeur et placé au sommet de sa pyramide ! La spiritualité couvre une aspiration légitime à la plénitude, à un vécu qui fait sens en se révélant et en s’épanouissant. Elle élargit l’espace dans lequel évolue l’être humain. Elle prolonge l’art de vivre par celui d’exister pleinement et avec sérénité.

 

La spiritualité a la ressource de promouvoir l’être humain en un être de valeurs, digne de considération. Elle est pourvoyeuse de possibles, d’évolutions diverses et de transformations salvatrices.

 

La spiritualité est une énergie presque comme une autre mais avec un quelque chose en plus ou de différent. Elle est un mouvement propulsant chacune et chacun en avant, par-delà et au-delà. Son intentionnalité est de transcender : c’est aussi sa vocation. Considérons la spiritualité comme une aptitude à plus d’attention, à penser et à agir autrement, à croître différemment.

 

Croire en soi comme en l’autre, c’est un témoignage de la présence de la spiritualité dans la démarche coaching de vie. Considérer la singularité et l’humanité en chaque être ainsi que reconnaître ses besoins fondamentaux confèrent à la démarche un caractère sacré. La spiritualité, c’est aller à la rencontre du beau, du profond, du juste.

 

Son enjeu est de conduire chaque femme et chaque homme à élargir le regard au-delà des habituelles expériences du quotidien, de s’affranchir des contours de l’ordinaire souvent répétitifs pour s’ouvrir à une vision plus globale et plus profonde de la réalité, plus intime et sans cesse renouvelée.

 

Cette spiritualité humaniste à laquelle contribue le coaching de vie aspire irrémédiablement à se manifester dans la vie quotidienne et à s’incarner dans la relation à soi, à l’autre et dans des actes responsables.

 

S’interroger sur le sens de l’existence, rechercher un sentiment d’unité, manifester une façon d’être différente face à la souffrance et aux épreuves de la vie, trouver l’énergie de se réorienter vers une  nouvelle voie malgré une blessure ouverte, c’est autant d’indices de la présence d’une spiritualité agissante. Et lorsque tout semble perdu et que l’espoir malgré tout renait et semble surgir de nulle part, n’est-ce pas le témoignage d’une résilience, d’une manifestation pragmatique d’une spiritualité ?

L’être humain est pétri de croyances. Il a besoin de croire. La spiritualité, quel qu’en soit la forme est un besoin. Elle s’inscrit  dans tout processus de croissance, de réalisation et d’accomplissement de soi. Elle conduit à un retour à soi, à découvrir de nouvelles dimensions intérieures, à rencontrer une forme de communion.

 

Et le coaching de vie est une réponse humaniste à un besoin existentiel. Croire en soi, croire en l’autre, aux valeurs conduisant à l’apaisement, à l’épanouissement et à la sérénité, toutes ces croyances s’appuient sur un mouvement spirituel. La spiritualité est nourricière auprès de tout être humain dès qu’il se pose des questions sur le sens de sa vie. La relation d’accompagnement est de fait questionnée par la spiritualité, une spiritualité humaniste, laissant à chacune et à chacun le soin d’en composer le contenu.

 

Et enfin, qu’est-ce que cela suppose pour le coach de vie dans sa pratique ? Un nécessaire travail autour de la capacité à accompagner, à accueillir et à recevoir les besoins, les croyances et les valeurs d’accomplissement de chacune et de chacun. Mais aussi, d’être sans cesse en questionnement et dans une création et un ajustement permanent de sa posture. Accompagner, c’est reconnaître une responsabilité, une implication et une proximité qui n’ont de cesse de pendre soin de la relation.

L’idée essentielle qui se dégage est celle de la dignité. Être digne dans l’accueil de l’autre mais aussi recevoir sa dignité et l’entendre. C’est accueillir la personne coachée avec considération et respect, offrir l’hospitalité aux croyances de chacun, sans jugement, avec humanité et compassion.

 

La spiritualité est plus que jamais une source d’élévation lorsqu’elle circule librement dans la relation, lorsqu’elle est reçue avec bienveillance, lorsqu’elle est reconnue dans sa singularité.

 

Roger DAULIN

Ecol'COACH

Organisme de formation au métier de coach de vie

www.formation-ecolcoach.fr                                                                                 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts Récents

11/09/2020

Please reload

Par Tags
Please reload

Nous Suivre