LA PRÉSENCE

11/09/2020

 

« Être présent » que signifie-t-il ? Qu’est-ce que la présence ? Est-il question de proximité, de profondeur, d’implication ? « Être en présence » engage-t-il à être là, dans l’ici et le maintenant ? Quelle est la part de volonté, de détermination ou de laisser-être ? Les questions ne manquent pas sur ce thème de la présence. Qu’avons-nous à comprendre de celle-ci ? Le sujet est si complexe qu’il ne se clôt pas. Sa nature initiatrice et généreuse ne le permet pas. La présence est naturellement ample, vivante et elle nourrit les êtres sans compter, sans rien viser, ni épargner. Il en va ainsi de la présence…

 

La présence est une valeur essentielle dans l’accompagnement. Elle est recherchée autant par le coach de vie que par la personne coachée. Au premier parce qu’il sait, pour l’avoir expérimenté, que la présence offre de la proximité à la relation. Au second, parce que la présence, lorsqu’elle surgit dans la relation, contribue à se sentir entier et unifié.

 

Toutefois la présence est de nature éphémère. Attendue et recherchée le plus souvent avec insistance, sitôt en situation elle tend à se rétracter. Elle ne se laisse pas mettre en boîte. Elle ne s’installe pas durablement. Par nature, elle est d’une composition instable. Aussi vite qu’elle apparaît, elle peut disparaître. A croire qu’elle génère elle-même sa désactivation… Elle se désagrège sitôt qu’elle est donnée comme un élément acquis et reproductif à souhait. Elle ne se stocke pas. Elle donne souvent l’impression que, secrètement, elle se délite comme si elle se tenait hors de portée de toute main mise, ou velléité d’être maîtrisée.

 

La présence s’entend-elle comme un mouvement sans cesse renouvelé ? Elle est à la fois prompte à surgir comme à disparaître dans l’instant. Étrange ressource que cette présence qui est et qui n’est plus, qui va et vient sans que jamais elle puisse être maîtrisable. Elle génère de l’agacement comme de la tristesse lorsqu’elle s’échappe. Elle nourrit d’aise, de contentement, de plénitude lorsqu’elle s’étale en soi. La croyons-nous perdue qu’elle réapparaît, profitant d’une respiration pleine, d’une attention portée à une situation ou d’un ancrage corporel nouveau. Cette présence donne d’emblée de la consistance à ce qui se vit. Elle nourrit de joie, voire de jouissance l’instant qui en bénéficie. Elle densifie ce qui s’exprime sous son influence, rend décisif l’instant, le sacralise. Au maximum de son influence, elle transforme un moment de vie en une existence comblée.

 

La présence est ainsi : elle habite ce qu’elle traverse, l’affirme et l’ancre à jamais. Seulement, le phénomène est par essence ondulatoire. Insidieusement, elle défait par son absence, elle relie par son existence. Elle a ce pouvoir incroyable de s’auto générer comme de se dissoudre. La relation d’accompagnement cohabite avec cette ressource singulière, à la fois généreuse lorsqu’elle se déploie, inhibante lorsqu’elle s’étiole. Ambivalente, instable, mouvante, la présence est tout cela à la fois, mais pas que… Certes, elle est déroutante lorsqu’elle s’absente, mobilisante lorsqu’elle est recherchée, qualifiante quand elle souligne un événement.

 

Arrêtons-nous un instant sur le peu de prise qu’offre la présence. Elle ne se laisse pas rationaliser. Ni discipliner. Encore moins normaliser et modéliser. Or la présence se fait et se défait continuellement, inlassablement. Elle se renouvelle sans cesse par son absence et sa présence à elle-même. C’est ce mouvement discontinu qui l’amorce et la réamorce. Son accomplissement ne procède pas d’un parcours linéaire. Par sa nature, elle s’exprime dans l’irrégularité, dans le flux et le reflux.

 

Nous pouvons être agissant sur la qualité de la présence qu’indirectement. En premier lieu, en cultivant la capacité d’attention à soi, à son corps, à sa façon de s’incarner, de s’ancrer. Il est question de la façon dont nous nous relions à la terre, à la relation que nous entretenons avec le sol, avec nos appuis fondamentaux. L’ancrage peut être mis en lien avec « être en confiance ». L’ancrage, étymologiquement, c’est le lieu « où l’on peut jeter l’ancre », sa zone confort en quelque sorte. L’ancrage évoque physiologiquement notre bassin, nos jambes, nos pieds. L’ancrage, c’est la capacité à prendre corporellement notre place dans la relation, dans notre quotidien.

 

En second lieu, en se mettant en disponibilité intérieure, sur un mode réceptif, vis-à-vis de soi, de ses relations aux autres et à son environnement. Ecouter, s’écouter, s’entendre… En troisième lieu, en développant sa capacité à accueillir, à s’accueillir, à se recevoir tel que l’on est, là où l’on en est. En quatrième lieu, en reconnaissant l’existence de nos besoins fondamentaux et en les nourrissant par des actions, des choix et une existence de vie qui a du sens.

 

C’est ainsi qu’en prenant soin de nos vécus, de la fertilité de nos terres intérieures, en se montrant attentionné à l’Être que nous sommes, nous créons le contexte favorable à l’émergence de la Présence. Elle advient…

 

Roger DAULIN

Ecol'COACH

Organisme de formation au métier de coach de vie

www.formation-ecolcoach.fr                                                                                 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts Récents

11/09/2020

Please reload

Par Tags
Please reload

Nous Suivre