Coacher en pleine présence…

10/11/2020

 

Apprendre à coacher, à être là, ici et maintenant, en pleine présence... Être en état de coacher en pleine présence c’est un apprentissage permanent.

 

Être là, ici et maintenant sans se saisir de quoi que ce soit, sans vouloir nécessairement faire quelque chose avec ce que vient de dire ou de manifester la personne coachée, sans courir sans cesse après un mot, un geste, une répétition au point de s’agiter, de se frustrer et de se disperser… Il y a parfois une avidité à bien faire, à vouloir renvoyer une question au bon moment, à ne laisser passer aucune opportunité afin de questionner le client sur quelque chose de présupposé important. Peut-être aussi pour que le coach de vie se sente indispensable…

 

En évoquant cette approche du coaching de vie, il est courant de percevoir de l’incrédulité dans le regard des apprenants coachs ! « Bon, mais quand même, il est dommage de ne pas réagir à chaque instant où cela est utile ! ». Combien de fois ai-je entendu ce type de remarque… Utile pour qui ? Pour le coach de vie ou la personne coachée ? Est-ce l’utilité qui est recherchée ou l’accompagnement de la personne vers ses besoins profonds d’une part, et d’autre part vers un objectif de vie dont la donnée existentielle est forte ?

 

Pratiquer le coaching de vie, ce n’est pas de rien laisser passer comme opportunité dans les dires et les faits évoqués par la personne, mais principalement d’être attentif à tout et à rien en particulier. Qu’est-ce que cela veut dire ? Il n’est pas demandé au coach de vie de ne rien laisser passer mais d’être en état d’attention à ce qui est, à tout ce qui est et en même temps à rien de précis ! Parce que, dans l’absolu, renvoyer un questionnement quel qu’il soit à un moment ou à un autre, c’est en quelque sorte questionner tout ce qui ne l’a pas été jusqu’à cet instant, chaque indice laissé sans réaction, chaque porte entrouverte inexploitée. Simplement parce qu’une opportunité contient toutes les autres…

 

Ce n’est pas le fait de questionner « au bon moment » mais de vivre ensemble, en présence, l’expérience de questionner d’un côté, et du questionnement de l’autre. Il n’y a nul besoin d’être performant, réactif à chaque instant, pertinent à chaque détour de phrase, mais simplement d’être là, en présence de ce qui se passe (ou pas !), ici et maintenant, dans la pratique et le déroulé du coaching de vie.

 

« Servir la personne coachée » veut dire être présent, ici et là, aussi souvent que l’attention le permet. Il ne s’agit pas de pointer du doigt à tout instant ce qui aurait dû être renvoyé ou questionné, mais d’être en présence dans l’instant. Il s’agit d’offrir de la présence, ici, là et maintenant… C’est ainsi que s’actualise l’expérience de coacher et d’être coaché. Elle grandit à l’aune de la qualité d’attention fournie.

 

C’est une manière de proposer, au niveau de l’Être, un coaching de vie sans réel commencement, sans réelle fin, si l’on ramène la démarche à accompagner le mouvement permanent de vie. Il est question alors d’une pratique dans laquelle il est moins question de produire quelque chose que de se joindre à une personne, d’Être à Être. C’est laisser être… Laisser ce « Être à Être » advenir sans le recouvrir de nos fabrications mentales.

 

Coacher ainsi c’est pratiquer sans vouloir qu’il y ait un besoin à satisfaire à tout prix, un manque à combler absolument, un objectif à atteindre coûte que coûte. Et en même temps, derrière une demande, il y a « un besoin en demande », et au-delà de ce « besoin en demande », il y a potentiellement un objectif de vie à incarner…

 

C’est grâce à l’intentionnalité véhiculée par le coaching de vie lui-même que le professionnel accompagne ce processus, (demande-besoin fondamental et objectif de vie) en étant le garant de son application, en présence, sans absolutisme.

 

Accompagner et coacher en pleine présence, c’est être là en incluant tout ce qui est là, sans effort, tout simplement parce que c’est là. Tout devient possible parce que c’est possible… Accueillir la personne coachée telle qu’elle est, nous-mêmes tels que nous sommes, et être là dans un « vivre-ensemble accompagnant / accompagné(e) » à durée déterminée comme si seul ce qui est, est essentiel. C’est en quelque sorte revenir au centre de nos existences réciproques.

 

Et si coacher c’était s’adresser sans intention au mouvement existentiel complètement libre en soi, en l’autre ?

 

Roger DAULIN

Ecol'COACH

Organisme de formation au métier de coach de vie

www.formation-ecolcoach.fr                                                                                 

 

 

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